une passion - marin pêcheur

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Histoire de Croix de vie

L'Histoire et les Origines de la paroisse et commune de CROIX de Vie

 

 

1 - Le Portugal - Le Maroc - Les Maures.

 

2 - Premiers habitants.

 

3 - Création d'une Chapelle.

 

4 - Une Paroisse.

 

5 - Une commune. 

 

6 - Les principales sources de conflits entre St Gilles sur vie et Croix de vie.

 

 

 

            L'histoire des origines de la paroisse et de la commune de Croix de Vie vient principalement d'un événement qui se passe à des milliers de km de l'estuaire de la Vie.

 

1 -       En 1578 Sébastien 1er roi du Portugal et des Algarves (une partie au Maroc) part en guerre au Maroc afin de rétablir le sultan Moulay Mahommed  destitué  par son oncle Moulay Abd el Malik qui, ce dernier, avait le soutien des Ottomans (Turcs), car ceux-ci voulaient un accès sur l'Atlantique.

 

    Sébastien 1er, fort d'une armée de 16.000 hommes composée de portugais et marocains fidèles au sultan destitué, se rend au Maroc afin de chasser "l'usurpateur".

 

   Sébastien 1er est un jeune roi de 24 ans et un peu simple. Il part de Tanger au devant de l'ennemi contre l'avis des chefs de son armée qui étaient plus favorables à attendre celui-ci sur place, à proximité des navires en soutien logistique et voire de repli, ce qui les mène face à l'ennemi, assoiffés et fatigués. Ce fut la fameuse bataille de Ksar el Kébir au cours de laquelle les trois rois furent tués et vit la défaite de l'armée du Portugal. Soixante portugais seulement retournèrent dans leur patrie.

 

  La succession du Roi défunt Sébastien 1er est assurée par son grand oncle Henri 1er le cardinal, sa fonction d'ecclésiastique lui interdit une descendance légitime. L'abandon de ses vœux religieux lui est interdit par le Pape Grégoire XIII. A sa mort le 31/1/1580, sa succession par  Antoine le déterminé  Prieur de Crato, amène à de nombreuses contestations. Philippe II roi d'Espagne, de par son mariage  avec la sœur de Sébastien 1er, revendique le trône ce qui entrainera une guerre entre l'Espagne et le Portugal.

 

   Le 25 aout 1580 lors de la bataille d'Alcantara à Lisbonne. L'armée espagnole supérieure en nombre, commandée par Alvare de Tolède, défit l'armée portugaise. Antoine le Prieur se réfugie aux Açores d'où il fut chassé en 1583. Il vint se réfugier en France à Paris où il y mourut le 26 aout 1595 

 

   Philippe II roi d'Espagne devient roi du Portugal sous le nom de Philippe Ier. En Espagne, sous le règne de Philippe II, la culture et la langue moresque (musulmane) sont interdites, ce qui fait que les maures portugais n'avaient d'autres choix que la conversion ou l'exil dans le meilleur des cas.

 

   Le flux migratoire des Maures vers les côtes de France a dû se faire en 1580 suite à la défaite et l'annexion du Portugal par l'Espagne, surtout pour ceux qui ont soutenu ou participé au combat. Et en 1583 pour ceux qui ont suivi Antoine le Prieur aux Açores et qui en furent chassés à cette date par l'Espagne

 

 

2 -     Les Maures (marocains) viennent, par la mer, se réfugier sur le littoral atlantique de France, principalement entre la Gironde et l'estuaire de Loire. Aux pays des Olonnes à la Chaume 200 réfugiés (?) y trouvent accueil en ce lieu. A St Nazaire un quartier se nomme le Petit Maroc signe de leur implantation en cette ville.

      A Saint Gilles, la demande d'asile des marocains est ignorée par le seigneur de Saint Gilles sur vie Pierre DANIAU et les notables qui ne leur concèdent aucun lieu d'accueil en leur paroisse.

     C'est donc sur l'autre rive de la Vie en la paroisse de Saint Hilaire de Riez à la Mothe Ruffée qu'ils s'installent, sur des terres incultes, partiellement submersibles lors des grandes marées, formées de vases de sable et de roussières, à l'emplacement actuel du quartier du Maroc et de la Conserverie(voir plans en fin de page).

     Les réfugiés Marocains Portugais qui viennent par la mer, avec des bateaux de plus ou moindre importance, sont composés de notables et autres avec leur famille et en partie de marins soit de la pêche ou des navigateurs du commerce. Ces marins avec leurs bateaux restent dans les ports du littoral.

    Avant cette tragique période, les portugais, des grands navigateurs naviguaient pratiquement sur toutes les mers tropicales du monde, de la Chine (Macao), des Indes, de l'Afrique (Mozambique et autres), Amérique du sud (le Brésil).

    Ils nous emmenèrent la technique de la pêche à la sardine en mer, à partir d'un bateau à l'aide de filet droit (raït ou manet), avec comme appât de la rogue pour attirer le poisson dans le filet, une façon de pêcher entièrement inconnue par les pêcheurs locaux, qui eux à cette époque, pêchaient la sardine à partir du rivage avec des sennes, mode de pêche qui leur assurait des prises et des revenus des plus aléatoires

    Les portugais (marocains) pratiquaient aussi depuis de nombreuses décennies la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve. En 1610 le port de Saint Gilles sur vie (Saint Hilaire) est déclaré comme port pêchant la morue.   

    De ce fait, assez rapidement, afin de s'initier pour pratiquer ces modes de pêche, de nombreux marins de Saint Gilles sur vie viennent se joindre aux marocains entre 1600 et 1610 sur l'autre rive de la Vie coté Saint Hilaire, sur le lieu de la « petite île » qui fut accordé  par les Sieurs de MONTAUSIER de la Mothe Ruffée aux marins pêcheurs afin qu'ils puissent s'y installer.

   Les Sieurs de MONTAUSIER de religion réformiste, furent les fondateurs sur Saint Gilles sur vie d'un asile pour enfants les plus démunis et les gens miséreux, actuellement rue du port fidèle : l'Immaculée Conception et le Prieuré.

    Madame Marie De BEAUCAIRE "Baronne Dame de Rié" (Saint Hilaire de Riez) de religion catholique, bien qu'étant en mauvais termes et souvent en conflits avec les Sieurs de MONTAUSIER, vit une opportunité d'un développement maritime sur son domaine.

     De 1600 à 1603 elle entreprend  la construction d'un quai et d'une digue (môle) de 32 m afin de créer un abri qui peut recevoir des bateaux de fort tonnage. Le Quai neuf Madame nom qui fut donné à cet ensemble. C'est aussi la première infrastructure portuaire construite en pierres du port de Saint Gilles Croix de vie.

     En 1596, une requête est faite auprès du Roi Henri IV afin de financer le coût des travaux : 12 000 écus. Henri IV, sachant les recettes qu'elle pouvait en tirer sur le trafic portuaire, lui répondit le 5 avril 1598 qu'elle était autorisée à financer elle-même les travaux et se rembourser en prélevant une redevance  de 7 soldes et 6 deniers par tonneaux de marchandises entrant et sortant du port, sauf pour le sel destiné aux greniers du roi.

   Pour la construction (en partie) des quais et du môle, celle-ci préleva les pierres sur le vieux château féodal  de Riez (certains disent St Hilaire de Riez, d'autres Notre Dame de Riez ?)

   En 1714, le môle, sous les coups de boutoir de la mer, est en mauvais état, le musoir effondré, Monsieur de PONCHARTRIN entreprend les travaux nécessaires et rallonge le môle à 50 mètres afin de mieux protéger le port

   En 1724 L'ingénieur TIGNÉ, élargit et donne une forme arrondie à l'extrémité du môle

 

   Je ne pense pas que le quai neuf Madame eut une grande activité commerciale, étant donné que sur les différentes cartes marines du port de Croix de Vie des deux siècles et demi qui suivirent sa construction, aucune habitation ne s'implante en ce lieu et ses proches environs, il faut attendre les premières usines (conserverie Brunet) et la maison du gardien de phare ainsi que plus tard le flux balnéaire pour voir s'y développer lentement un urbanisme. Sa fonction principale fut la protection contre le ressac dû à la houle. C'est la seule digue d'entrée du port. Il faut attendre les années 1860 à1880 pour voir la mise en place des digues de Boisvinet côté Croix de vie et la digue de la Garenne côté St Gilles.

    Les premières habitations s'implantent principalement et progressivement en amont et en aval des quartiers du Maroc et de la Petite Ile. En amont, quai du passage (actuel quai des greniers) et quai Gorin, zones parfaitement protégées des vents dominants d'ouest, ce qui favorise l'échouage des bateaux marchands pour le débarquement et l'embarquement des marchandises. En ce lieu la houle et le ressac ne se font pas ressentir, ce qui est primordial pour l'échouage de ces bateaux marchands en charge à fort tonnage, en plus avec les pierres de lest il est formé 2 diguons afin d'y casser le courant, principalement de jusant. Côté aval (quai de la République) les  habitations s'implantent aussi en ce lieu car il y eut une certaine activité portuaire. Il fut aménagé, avec plus ou moins de réussite, deux quais (quai de la barre et ensuite quai de l'orient) qui ne tinrent pas dans le temps sous les coups de boutoir des navires marchands par l'effet du ressac, il faut attendre 1805 pour voir le môle quai de l'Adon qui est toujours en place, face à la Mairie et le café Rochebonne.

 

 

 claude MASSE 1703 - Copie.jpg
 Plan de Croix de vie en 1703  par Claude MASSE

 

3 –   En 1610, après un recensement de plusieurs centaines de personnes, 180 foyers, sur la rive de l'estuaire de la Vie coté Saint Hilaire, Madame de BEAUCAIRE prit la décision d'y faire édifier une chapelle. Pour plusieurs causes, dont voici les principales:

    1er    Le nombre important de paroissiens en ce lieu

 

    2eme   L'église de Saint Hilaire se trouvant trop éloignée, nombre de paroissiens ne participent à l'office du dimanche, prétextant la distance et le cheminement difficile.

 

    3eme Nous sommes dans une période où l'église protestante a une certaine influence, surtout sur les zones portuaires, d'où la nécessité de l'implantation d'un lieu de culte catholique afin de maintenir ses paroissiens. Sur 180 foyers 20 sont de confession protestante

  La construction de la chapelle commence en 1611 pour se terminer en 1613 et prendra le nom de Sainte Croix. La chapelle Sainte Croix fut construite à l'emplacement de l'église actuelle de Croix de vie qui, celle-ci, fut édifiée en1896.

   Je trouve le 17 novembre 1660 sur les registres paroissiaux de Coëx, (recherche généalogique familiale)  un mariage  à Coëx célébré par M. JAMIN prêtre chapelain de Sainte Croix ( croix de vie) frère de J. JAMIN prêtre curé de coëx

 

 

4 -   1691." Paroisse" : Étant donnée l'importance de sa population et son activité portuaire, Sainte Croix devient une paroisse qui prend le nom de CROIX DE VIE.

 

  Au mois de Février 1691, je trouve le premier acte paroissial (naissance) en la paroisse de Croix de vie il est signé  BOSSUR (Bossy) curé de Croix de vie. Au préalable BOSSUR ( BOSSY) était curé de la paroisse de Saint Hilaire. Il fut remplacé en la paroisse de St Hilaire par le prêtre vicaire DORION qui avant cette date n'était que vicaire à Saint Hilaire.

   Lors de son décès le 25 janvier 1706, le curé Pierre BOSSY âgé de 53 ans est inhumé dans le chœur de l'église de Croix de vie, il est déclaré comme étant le premier curé de la paroisse de Croix de vie.

5-   1792  Commune de Croix de vie : Le premier maire Jean Chrisostôme INGOULT (négociant). Il assume sa fonction de maire de 1792 à septembre 1815, il décède le 27 juin 1816 à l'age de 68 ans. Pendant son mandat de maire il y suggère, entre autres,  la construction du môle de l'Adon (en face de la mairie).

 

6 - Les habitants de Croix de vie et Saint Gilles sur vie ont vécu une mésentente entre leurs élus ainsi que leurs habitants. Les causes en sont multiples.

   Dans un premier temps comme chaque village ou ville dont les agglomérations sont vraiment proches l'esprit de clocher domine, chacun voulant marquer sa différence territoriale.

    Il ne faut pas oublier aussi que Croix de vie s'est créée sur un refus d'accueil des immigrants à Saint Gilles et que de nombreuses personnes de Saint Gilles sont parties s'installer sur Croix de vie. Si l'on n'est plus au temps féodal, cela a du créer malgré tout, une certaine tension entre les deux paroisses de Saint Hilaire et Saint Gilles ainsi qu'entre les seigneurs des deux rives.

   Autre exemple, dans les années 1770 les marins et marchandes de poissons de Croix de vie sont interdits de vendre leurs poissons sous les halles de Saint Gilles ce qui entraîna un grave conflit, les gens en vinrent aux mains voire menaces de toutes sortes, ce qui obligea le déplacement d'un détachement de la maréchaussée de Rochefort afin de calmer ces gens, le temps d'y trouver une solution. Bien que l'interdiction de la vente de poisson sous les halles soit maintenue pour les marchandes et marins de Croix de vie, la vente sur les rives de la Vie coté Saint Gilles sur une largeur de 10 mètres leur est accordée. Ce qui correspond au domaine maritime, 10 mètres au dessus de la limite de haute mer.

   En 1835 la construction d'un pont à péage au dessus de la Vie entre les deux communes entraine un conflit. La commune de Croix de vie réclame une exonération ou un tarif préférentiel pour le passage des marchandises sur le pont, réclamation qui resta sans suite. Demande qui est en partie justifiée, car les habitants de Croix de vie abondent principalement aux recettes du péage du pont, étant donné que tous les services administratifs et surtout le service des douanes se trouvent sur la commune de Saint Gilles sur vie et en plus, pour les marchandises maritimes qui transitent coté Croix de vie, l'obligation d'emprunter le pont dans les deux sens, import et export de marchandises. Les voies  principales d'accès des villes et bourgs proches sont toutes du coté Saint Gilles s/v.   

 

  Démographie :     Entre 1838 et 1856 la population de Croix-de-Vie est stable, de 700 à 750 personnes.

   L'implantation de 11 conserveries de poissons, principalement de sardine, entre 1850 et 1880, ont développé un essor important économique et démographique : 1000 à 2000 personnes, des femmes de Croix de Vie et St Gilles, ainsi que des communes avoisinantes, aussi de nombreuses bretonnes provenant même du Pays Bigouden (400km), des cartes postales du début du XXème siècle en témoignent montrant des groupes de jeunes femmes avec des coiffes bretonnes du pays bigouden.

  Les hommes étaient employés en moindre nombre pour le fonctionnement des usines.

 

  Principalement sur la commune de Croix de Vie, des alliances (couples) se sont formées. De nombreuses familles ont une mère ou une grand-mère d'origine bretonne.

 

  Entre 1856 et 1886 la population passe de 710 à 1706 habitants

  En 1911 la population de Croix de Vie est de 2079 habitants

 

 Dans les mêmes temps St Gilles sur Vie passe en 1856 de 1100 habitants à 1859 habitants en 1911

 

   En 1967 , la fusion avec Saint Gilles sur Vie et devient  Saint Gilles Croix de Vie

 

  Sources des recensements :  Archives départementales numérisées de Vendée

 

   

 

       

          

 

                   plan 1542.jpg
                                  1542  Plan de Jean-Baptiste Le Florentin du rouleau d'Apremont

               Vous remarquerez qu'en 1542, sur la rive opposée de St Gilles s/v, il n'existe aucune habitation

               , aussi en bas à gauche l'ancien cours d'un bras de la Vie obstrué par les sables de la dune de la Garenne

 

                       plan 1690.jpg

    1690 : plan de l'habitat de St Gilles et Croix de Vie (période où Croix de Vie devient une paroisse)

 

                plan 1822.jpg
                                

                                         1822 Plan de Croix de Vie et de l'embouchure de la Vie

 

 

                plan b  1882.jpg

 

                                          1882 : Plan de Croix de Vie et de l'embouchure de la Vie

 

 

                           Maurice GUITTONNEAU   2012

 

 

 



13/11/2014
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